Le réchauffement climatique accentue le phénomène des cyclones et leur intensité
On est en train de perdre le Pôle Nord :l’épaisseur de la glace y était de 3M dans les années 1970 , elle dépasse aujourd’hui rarement les 1m50. L’opinion internationale reste néanmoins beaucoup moins sensible par rapport aux phénomènes que les ouragans qui viennent de dévaster les Caraïbes entre Gustrav ou Ike. La saison 2008 (juin/novembre) a été particulièrement active dans l'Atlantique avec jusqu'à présent neuf tempêtes tropicales dont près de la moitié sont devenues des ouragans, quand la vitesse des vents atteint 120 kmh. Le dernier cyclone en date, Ike, de force 2 (154 à 177 kmh) sur une échelle qui en compte 5, a dévasté ce week end une partie du Texas.
La communauté scientifique établit de plus en plus un lien entre la fréquence et l'intensité des cyclones et le réchauffement de la planète, comme l'indiquent plusieurs recherches publiées ces derniers mois. Comme la Nasa, l'agence spatiale américaine, dont les satellites sont la principale source d'informations sur le climat terrestre, note sur son site internet qu'en raison de la montée des températures à la surface du globe "un plus grand nombre d'ouragans et de tempêtes tropicales pourraient se produire et être plus violents".
Le réchauffement climatique et ses conséquences sur la température des océans ont été responsables du doublement du nombre d'ouragans enregistré annuellement dans l'océan Atlantique au XXe siècle, selon une étude de chercheurs américains publiée l'été dernier.
De 1900 à 1930, ce nombre a été de six et est passé à dix lors de la décennie suivante, avant d'atteindre 15 (huit ouragans et sept tempêtes tropicales) entre 1995 et 2005. Selon ces scientifiques, ce nombre va probablement continuer à augmenter avec l'accroissement de la température moyenne du globe qui s'est accrue de 0,7 degré Celsius au XXe siècle.
Selon des travaux de chercheurs américains parus début septembre dans la revue britannique Nature, le nombre et l'intensité des cyclones les plus violents augmentent avec le réchauffement des océans.
Un accroissement de la température à la surface des océans d'un degré Celsius "entraîne une augmentation de 31% de la fréquence des cyclones les plus puissants (vents supérieurs à 183,6 kmh), qui passent de 13 à 17 par an", ont calculé des chercheurs des universités de Floride et du Wisconsin.
Ce constat est conforme à un modèle théorique sur le fonctionnement des énormes machines thermiques que constituent les cyclones, qui montre que les vents doivent s'intensifier à la suite du réchauffement de la température de surface des océans.
Selon le quatrième rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) de l’ONU les températures moyennes à la surface du sol devraient grimper de 1,8 à 4 degrés Celsius d'ici la fin du siècle. La surface des océans est plus lente à se réchauffer mais l'impact d'un changement de sa température est beaucoup plus grand, notent les scientifiques.