Un car transportant des Marocains s'écrase contre un pont de l'A10: 7 morts, 25 blessés
Vendredi 23 mai 2008, 17h06
Sept Marocains ont été tués et 25 autres blessés, dont huit grièvement, dans l'accident de leur car qui s'est écrasé contre une pile de pont de l'autoroute A10 près de Blois dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le car, immatriculé en France et appartenant à la société Aziz basée aux Mureaux (Yvelines), transportait 32 personnes dont 30 passagers marocains et deux chauffeurs, selon les indications fournies par la préfecture du Loir-et-Cher.
Il avait quitté Tiznit, dans le sud marocain, mercredi matin et se rapprochait de sa destination finale, Les Mureaux, lorsque l'accident s'est produit à la hauteur de Suèvres (Loir-et-Cher).
Peu avant 3H00, alors que la météo était bonne et le trafic faible, le car est venu s'encastrer à vive allure sur la pile d'un pont enjambant l'autoroute après s'être déporté sur sa droite pour une raison inconnue, selon les premières constatations des gendarmes.
"L'état invraisemblable du car montre que le choc a été d'une extrême violence", a souligné le ministre des Transports, Dominique Bussereau, qui s'est rendu sur les lieux en début de matinée.
Le plan rouge a été immédiatement déclenché, mobilisant 140 pompiers, 25 gendarmes et une dizaine de médecins des Samu de la région qui ont installé un poste médical avancé.
Quatre hélicoptères ont été mobilisés pour évacuer les blessés vers les hôpitaux de Blois, Tours et Orléans.
En début d'après-midi, quatre blessés graves avaient un "pronostic vital engagé", selon des sources médicales. Deux blessés légers ont pu quitter l'hôpital dans la journée.
Mohamed VI, le roi du Maroc, a transmis un message de condoléances aux familles des victimes, annonçant "la prise en charge personnelle des soins médicaux des blessés et des frais de rapatriement au Maroc des dépouilles des personnes décédées".
M. Bussereau a annoncé l'ouverture d'une double enquête, judiciaire et technique, pour tenter d'éclaircir les causes de l'accident. "Une des hypothèses possibles est celle de l'endormissement du chauffeur, qui est décédé dans l'accident", a indiqué le préfet du Loir-et-Cher, Pierre Pouessel.
Le dernier relais entre les deux chauffeurs a eu lieu à Ruffec, près d'Angoulême (Charente), à environ deux heures de route du lieu de l'accident, selon les premières constatations des gendarmes.
Le préfet a toutefois souligné qu'aucune piste n'était écartée et que les enquêteurs allaient vérifier l'état mécanique du car, qui tractait une remorque.
Des analyses ont notamment été entreprises pour déterminer si l'éclatement d'un pneu aurait pu provoquer l'accident, selon les enquêteurs dont la seule certitude, vendredi après-midi, était qu'aucun autre véhicule n'était impliqué.
De leur côté, les gendarmes ont entamé l'audition des rares témoins de l'accident, notamment celle d'un chauffeur routier qui a alerté les secours.
La société Aziz, spécialisée dans le transport de voyageurs et de petites marchandises entre la France et le Maroc, exploite deux autocars, a indiqué son gérant, Abdelhouad Hais, joint au téléphone alors qu'il se trouvait au Maroc.
Le car accidenté, mis en circulation en 1997, ne disposait pas de ceintures de sécurité, qui n'ont été obligatoirement installées sur les véhicules neufs qu'à partir de 1999, selon la société bretonne Labat Transport qui avait vendu le véhicule en 2006 à la société Aziz.