Le gouvernement annonce un déficit budgétaire de 3,1 % en 2009
Après avoir refusé de regarder la réalité en face, le gouvernement reconnaît désormais l'aggravation du déficit budgétaire. Le dérapage est tel que la France va dépasser en 2009 la limite maximum de 3 % fixée par le Pacte de stabilité et de croissance pour son déficit public : il atteindra 3,1 % du Produit intérieur brut contre les 2,7 % initialement prévus dans le budget. Éric Woerth, ministre du Budget, l'a confirmé devant le Sénat après François Fillon lundi soir sur France 2.
Les conséquences de la crise financière conduisent en effet la France à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l'an prochain, désormais attendue entre 0,2 % et 0,5 %, contre 1 % auparavant. Le gouvernement annonce qu'il va revoir le budget autour de l'hypothèse haute de cette nouvelle fourchette. Une nouvelle prévision jugée "responsable, exceptionnelle, comme la situation l'exige, mais lucide" par la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. Cette dernière précise qu'elle était "la plus basse jamais retenue par un gouvernement en France". Elle n'en est pas moins toujours supérieure à celle de la Commission européenne qui table sur une croissance nulle en France l'an prochain, avec un déficit de 3,5 % . En 2009, "nous n'augmenterons pas le poids global des impôts, même si les recettes publiques venaient à fléchir", promet Christine Lagarde.
Même révision des hypothèses pour 2010 : le gouvernement table sur une augmentation de la richesse nationale de 2 %, contre 2,5 % auparavant. Puis, il s'attend à "un retour à une croissance de l'activité à 2,5 % en 2011 et 2012". Seule bonne nouvelle, l'Hexagone pourra compter sur une baisse de l'inflation en 2009, à 1,5 % contre 2 % attendus, précise la ministre devant le Sénat. Elle tient ainsi compte de la baisse des prix des matières premières, ainsi que de la dépréciation de l'euro. Christine Largarde table désormais sur un taux de change de 1,33 dollar pour un euro l'an prochain, contre 1,45 auparavant.